Historien d’entreprise, un métier pas si ancien

L’histoire d’entreprise est une discipline née aux États-Unis au début du siècle dernier. En France, elle a rapidement quitté la sphère universitaire pour faire son entrée… dans l’entreprise. L’ historien d’entreprise a désormais pignon sur rue, mais sont-ils tous compétents ?

L’historien d’entreprise, né au XXème siècle

Les premiers historiens d’entreprise sont américains

La notion d’histoire d’entreprise naît en 1927 à Harvard en 1927. Cette année là est créée la première chaire de Business History. Cette discipline entend étudier la pratique des affaires à travers l’histoire. Elle s’adresse avant tout à de futurs hommes d’affaires, et ne s’inscrit donc pas dans le champ universitaire classique. La Business History est d’ailleurs fortement influencée par l’économiste Schumpeter. Ce dernier prône la connaissance de l’histoire pour la compréhension du présent. La discipline met l’accent sur la figure de l’entrepreneur et souligne le lien entre l’histoire de l’entreprise et l’histoire générale.

Chaine d'assemblage avions hélice - L'histoire d'entreprise, une longue histoire

L’historien d’entreprise débarque en France

Il faut attendre une vingtaine d’années pour que l’histoire d’entreprise arrive en France. C’est sans doute dû au fait que dans notre pays, le milieu universitaire est très éloigné des sphères économiques. Dans les années 1950, certains historiens, comme Claude Folhen, Guy Thuillier ou Jean Bouvier, se penchent néanmoins sur la question. La thèse de Jean Bouvier sur le Crédit Lyonnais, soutenue en 1959, marque une étape importante.

Dix ans plus tard, François Caron soutient la sienne qui porte sur « L’histoire de l’exploitation d’un grand réseau de chemin de fer : la Compagnie du chemin de fer du Nord de 1846 à 1937 ». Ces travaux sont marquants, car ils portent sur une très longue période et entendent englober tous les aspects du sujet. Quelques historiens leur emboîtent le pas. Mais l’historien d’entreprise ne se risque pas encore hors des murs de l’université !


L’entreprise s’empare de son histoire

Dans les années 1970, certains dirigeants commencent à s’intéresser à l’histoire de leurs entreprises. Car dans un contexte de crises et de restructurations, l’identité de celles-ci est bousculée. Dès lors s’ouvre pour l’historien un nouveau champ d’action, lui aussi importé des États-Unis. Il s’agit de la Public History, ou histoire publique. Il serait sans doute plus juste de parler d’histoire privée. L’histoire publique consiste en effet à pratiquer l’histoire dans un cadre privé, hors du cadre universitaire. L’historien, « historien public », exerce son métier auprès de tous, et non simplement au sein des facultés. C’est, en quelque sorte, une nouvelle profession et c’est dans ce contexte qu’apparaissent les premiers historiens d’entreprise en France.

La première agence d’historiens-conseils française, Public Histoire, ouvre en 1983. Elle « apporte aux acteurs économiques une meilleure connaissance et valorisation de leur histoire et de leur identité propre, en restituant un passé tourné vers le présent et l’avenir, afin d’en faire un outil de communication durable et performant. Pour mieux comprendre et accepter les mutations de l’économie moderne. » Son fondateur, Félix Torrès, souligne « le rôle spécifique de l’histoire appliquée ou histoire conseil, sorte d’histoire à la carte ».


Entreprise, identité, mémoire, le nouveau marché de l’historien d’entreprise

À partir des années 1990, l’histoire d’entreprise se développe autour de la notion de culture d’entreprise. Cette idée s’inspire de la corporate culture américaine, née dans la Silicon Valley. Elle fait bientôt place à celle d’identité d’entreprise, qui repose en grande partie sur la connaissance historique de l’entreprise, puis à celle de mémoire. Identité, culture, mémoire… Au-delà du choix de termes qui doivent beaucoup aux modes communicationnelles, l’historien d’entreprise est désormais solidement ancré dans la pratique entrepreneuriale. Les dirigeants savent qu’elle est un puissant outil de communication et de management, dans une époque qui valorise fortement l’histoire.


Et Historien-Conseil dans cette histoire ?

Nous sommes nés en 2013, portés par l’intime conviction qu’il est possible de produire, dans le secteur privé, des recherches de grande qualité scientifique, restituées dans une langue accessible à tous. Grâce à nos clients, nous avons investi toutes sortes de sujets, en particulier des histoires d’entreprises au domaine d’activité méconnue ou des histoires d’entreprises extrêmement vastes comme celles de grands groupes du Cac40.

Mais surtout, nous avons voulu aller plus loin que la pratique universitaire en empruntant aux sciences dures une grande partie de leurs méthodologies de travail. Chez Historien-Conseil le savoir ne repose pas sur le cerveau d’un seul historien d’entreprise. Il s’appuie sur toute une équipe de recherche qui utilise des outils créés par nos soins. Ceux-ci nous permettent de constituer de très vaste base de données et de les indexer pour en faciliter l’analyse. Nous trions, rapprochons et comparons ainsi les informations.

Nous assurons également la traçabilité de toutes nos actions et pouvons produire nos résultats (c’est-à-dire nos trouvailles), mais aussi nos non-résultats correspondant à tous les documents consultés sans intérêt pour notre recherche.

Enfin, nous assurons une traçabilité exemplaire de nos sources et sommes capable, derrière chaque mot de nos textes, de mobiliser nos sources à l’instant T.

Ces méthodes nous ont valu l’obtention d’un agrément CIR dont nous sommes éminemment fiers.


Les fils de Postua ou le ciment de l’avenir

L’ouvrage que nous avons réalisé sur Postua s’inscrit parfaitement dans cette démarche de l’histoire d’entreprise. Ce livre cherche en effet à explorer le secret de la réussite des habitants de ce petit village du Piémont italien, qui créent plus d’une centaine d’entreprises florissantes dans l’ouest de la France.

L’analyse de l’histoire du village et des ressorts de cette émigration vers la France met en lumière de nouvelles pistes de réflexion sur ce phénomène, qui s’avère plus culturel que conjoncturel. Avec cette plongée dans le passé, il apparaît que c’est l’audace alliée à une très grande solidarité qui composent le cocktail de la réussite entrepreneuriale postuaise.

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